Le fonds patrimonial

Le fonds patrimonial

Lors des travaux de restauration de la Cathédrale du Puy-en-Velay en 1994, un fonds de partitions manuscrites a été retrouvé. Il s'agit probablement de la découverte archéologique musicale la plus importante faite en France depuis plus d'un siècle. Ces partitions anciennes intéressent bien sûr les musiciens et les musicologues. Elles ont aussi un intérêt historique de premier plan, car elles témoignent de l'activité des artistes locaux, principalement dans la seconde moitié du XVIII° siècle. Plusieurs oeuvres, dont aucune trace n'était connue, ont été ainsi mises à jour. On a même redécouvert des compositeurs dont on avait oublié jusqu'à l'existence : c'est le cas de Louis Grénon [1734-1769], maître de musique à la Cathédrale du Puy de 1754 à 1763, qui montre un savoir-faire remarquable. Le fonds de partitions a fait l'objet d'une convention signée le 5 décembre 2006 entre le Conseil général de la Haute-Loire, le Centre de musique sacrée du Puy-en-Velay, l'université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand et le Centre de musique baroque de Versailles, afin de mettre en valeur ce patrimoine exceptionnel dont l'étude se poursuit grâce aux travaux du Centre d'Histoire "Espace et Culture" dirigé par Philippe Bourdin. Dès la découverte du fonds musical de la Cathédrale du Puy, l'Association Diocésaine du Puy a mis en place, en 1999, une commission de valorisation de ce patrimoine musical. Cette commission a confié au Centre de musique sacrée du Puy-en-Velay la responsabilité d'assurer la conservation des partitions, d'en garantir l'accessibilité aux chercheurs, enfin d'initier les actions nécessaires à sa valorisation, en particulier de favoriser la recréation des oeuvres, grâce au concours de la Maîtrise de la Cathédrale du Puy. La mise en valeur de ce fonds passe inévitablement, dans le cadre d'actions de recherches, par la publication d'un catalogue réalisé par le CHEC de Clermont-Ferrand. Elle passe également par l'édition des oeuvres les plus significatives, dans un premier temps de trois volumes, dont le premier paru récemment, réalisés par les éditions du Centre de musique baroque de Versailles, sous la direction de Jean Duron, avec la collaboration de Bernard Dompnier (CHEC, université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand) qui permettra à l'oeuvre religieuse de Louis Grénon d'être interprétée et entendue à nouveau. En parallèle, et dans le même désir de mettre en commun les connaissances et axes de recherches, le Centre de musique sacrée du Puy-en-Velay et le Centre Histoire "Espace et Cultures", en collaboration avec le Conseil général de la Haute-Loire, organisent régulièrement un colloque international, au Puy-en-Velay, avec des chercheurs venus du monde entier : 2001 : Maîtrises et chapelles aux XVIIe et XVIIIe siècles 2005 : Les cérémonies extraordinaires du catholicisme baroque 2010 : Les langages du culte.



Louis Grénon volume 1

Ce premier volume est consacrée à ses messes. Louis Grénon - Les Messes Centre de musique baroque de Versailles Collaborateur de l'édition : Bernard DOMPNIER Editeur : Jean DURON Collection : Edition critique - Anthologies Sous collection : Musique des maîtrises de France Type d'édition : édition critique Référence : CMBV_054 ISMN M-707034-54-5 Pagination : LXXVII-215 Reliures : broché Présentation Louis Grénon est né à Saintes en 1734. Formé à la maîtrise de sa paroisse, il entre au service de la cathédrale du Puy-en-Velay comme maître de musique à 20 ans. En 1763, il part pour Clermont-Ferrand, probablement à cause d'un litige concernant sa rémunération. Il rejoint la cathédrale de sa ville natale en 1765 où il obtient une semi prébende en plus de la maîtrise. Il s'éteint le 2 janvier 1769, lannée de ses 35 ans. Louis Grénon est certainement la figure la plus emblématique du fonds extraordinaire de partitions musicales mis au jour en 1994 dans les dépendances de la cathédrale du Puy-en-Velay. Constitué de plus de 700 œuvres, il représente une découverte majeure pour la musique d'église de la fin du XVIIIe siècle, essentielle à la compréhension de la musique en province et plus particulièrement de la musique religieuse. L'étude de ce fonds se poursuit activement grâce aux travaux d'un groupe de recherche clermontois, le CHEC, dirigé par Philippe Bourdin et auquel participent Bernard Dompnier et Jean Duron. Les Messes Au-delà de l'intérêt historique majeur que constitue ce corpus, on sera séduit par le savoir-faire remarquable de ce jeune compositeur : il s'agit d'une œuvre pleinement maîtrisée, pleine de tendresse et de beaux moments, peu difficile à chanter et qui convaincra les amateurs de musique ancienne de l'habileté et du talent des compositeurs de nos belles provinces de France. Ce premier volume s'ouvre sur la Messe en sol majeur, de style concertant, composée pour chœur à 5 voix, basse continue et deux bassons concertants. Ce même effectif est nécessaire pour la Messe en noël, remarquable et rare exemple de « messe parodie ». La Missa quinti toni, un peu plus austère, requiert un chœur à 4 voix et basse continue et enfin la très belle Petite messe en la majeur, de style concertant, également pour chœur à 4 avec basse continue et une basse d'archet obligée. Le volume débute par une introduction générale de Bernard Dompnier. Après la biographie du compositeur et un aperçu de son œuvre, l'historien questionne les documents d'archives puis présente le fonds de la cathédrale du Puy-en-Velay. Suit l'introduction de Jean Duron centrée plus directement sur les œuvres éditées dans le volume. Il discute en particulier le cas de la Messe en noël qui utilise, comme celles de Charpentier ou de Brossard, des timbres de Noël, mais aussi des thèmes de Rameau et Mondonville : il fait un point successivement sur le genre du « noël en musique », sur la parodie et les problèmes que peut poser l'insertion de mélodies profanes connues dans un contexte liturgique, et enfin sur le traitement technique de tels procédés. Ceci l'amène à traiter de la circulation des œuvres sous un jour nouveau : ces emprunts aux compositeurs parisiens montrent qu'un jeune compositeur, guère sorti de Saintonge et du Velay, peut connaître, tout comme son public, les œuvres à la mode de Paris et des techniques décriture d'avant-garde. L'introduction est assortie de 6 fac-similés, de la partition complète des 4 messes et d'un appareil critique en fin de volume. Les matériels vocaux et instrumentaux de chacune des messes sont par ailleurs disponibles. Les éditeurs Bernard Dompnier, professeur d'histoire moderne à l'Université de Clermont-Ferrand 2 et membre senior de l'Institut universitaire de France, est spécialisé dans l'histoire du catholicisme moderne, et plus particulièrement sur l'activité missionnaire en France au XVIIe siècle. Depuis plusieurs années, ses recherches sont orientées sur l'histoire du culte et des dévotions. Jean Duron est chercheur et directeur des Éditions au Centre de Musique Baroque de Versailles. Ses travaux, essentiellement consacrés à la musique de Louis XIV et aux moyens de son interprétation (effectifs, contrepoint, composition, théorie), concernent principalement les grandes formes (grand motet, tragédie en musique), la musique de la Cour et des grandes cathédrales du royaume. Il a notamment publié aux Éditions du CMBV, et chez d'autres éditeurs, des œuvres de Charpentier, Du Mont, Rameau, Brossard… Source : Centre de musique baroque de Versailles.



Louis Grénon volume 2

Louis Grénon - Motets avec instrument obligé de basse. Collaborateur de l'édition : Jean-Yves Hameline. Editeur : Thomas Vernet & Thomas Leconte. Collection : Edition critique - Anthologies. Sous collection : Musique des maîtrises de France. Type d'édition : édition critique. Référence : CMBV_064. ISMN 979-0-707034-64-4. Pagination : CXVI-372. Reliures : couverture cartonnée. Présentation : Dans ce nouveau volume de la collection « Anthologies : Musique des maîtrises de France », les éditions du Centre de musique baroque de Versailles présentent l'intégralité des motets avec instrument obligé de basse de Louis Grénon. Louis Grénon Né à Saintes vers 1734, maître de chapelle à la cathédrale du Puy-en-Velay, de Clermont-Ferrand puis de sa ville natale jusquà sa mort en 1769, Grénon était encore inconnu avant la découverte majeure du fonds musical de la Cathédrale du Puy-en-Velay, en 1994. Après la parution de ses Messes, en 2008, dans la même collection, cette édition critique propose douze motets pour un à six soliste(s), chœur à quatre ou cinq parties et basse continue, avec partie(s) obligée(s) de basse instrumentale (basson, violoncelle et/ou serpent). Les œuvres : Ces motets, qui intéresseront particulièrement les formations chorales, ont tous été composés pour accompagner le service liturgique. L'écriture des parties de basse(s) instrumentale(s), qui fait la particularité de ces partitions, apparaît comme un habile compromis entre la « symphonie » et la simple basse continue ; elle répond de façon très équilibrée à la richesse de l'écriture vocale, dans une alternance de récits, d'ensembles vocaux et de chœurs. Une grande spiritualité émane de ces œuvres, en parfaite adéquation avec les textes bibliques (psaumes, cantiques) mis en musique. Ces pièces confirment ainsi la qualité de l'œuvre d'un maître de province attentif aux grandes évolutions stylistiques de ses contemporains, tels Rameau, Mondonville ou le jeune Gossec. L'édition : L'ouvrage propose, dans une introduction bilingue (français-anglais), une description précise des sources musicales qui enrichit considérablement les connaissances actuelles sur la circulation de la musique au XVIIIe siècle et une minutieuse présentation musicale du corpus, en relation avec les usages liturgiques des cathédrales où Louis Grénon a exercé. À cet égard, le motet Memento Domine, pour les Vêpres de Noël, de la Circoncision et de l'Épiphanie, seule pièce avec plain-chant alterné du volume, est restitué dans son intégrité liturgique par Jean Yves Hameline, spécialiste de la musique liturgique des XVIIe et XVIIIe siècles. Chaque motet est disponible sous forme de fascicule séparé pour linterprétation. Les éditeurs : Thomas Vernet est docteur en musicologie. Ses travaux portent essentiellement sur la réception et la pratique de la musique dans les milieux aristocratiques en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que sur l'histoire des bibliothèques musicales. Il est actuellement responsable du Département de musique ancienne au CRR de Paris, ainsi qu'au Pôle d'enseignement artistique Paris-Boulogne-Billancourt et chargé de cours à lUniversité de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Thomas Leconte est chercheur et responsable éditorial des collections critiques au Centre de musique baroque de Versailles. Spécialiste du premier XVIIe siècle français, il s'intéresse également à la musique religieuse à la cour et dans les provinces de France aux XVIIe et XVIIIe siècles, tant du point de vue historique qu'interprétatif.



Louis Grénon volume 3

Louis Grénon - Les motets en symphonie. Collaborateur de l'édition : avec la collaboration de Georges ESCOFFIER (introduction) Editeur : Édition de Jean DURON (établissement du texte) & Thomas LECONTE (établissement du texte, introduction) Collection : Edition critique - Anthologies Sous collection : Musique des maîtrises de France Type d'édition : édition critique Référence : CMBV_070 ISMN 979-0-707034-70-5 Pagination : LXV-161 Reliures : broché. Présentation : L’extraordinaire découverte en 1994 d’un fonds musical ancien dans la cathédrale du Puy-en-Velay contenant plus de 700 œuvres avait mené à la mise en route d’un important chantier de recherche. Ce troisième et dernier volet de l’anthologie consacrée à l’œuvre de Louis Grénon (ca1734-1769), le compositeur le plus représenté de ce fonds, achève un panorama exceptionnel sur ce répertoire, celui d’une maîtrise de France au XVIIIe siècle. Les 4 œuvres (Magnificat, Beatus vir, Petit Dixit, Regina cæli) réunies dans ce volume utilisent les effectifs les plus développés de Louis Grénon : motets pour solistes, chœur, basse continue et symphonies à deux violons (dont une fois avec cors, une autre avec alto). On doit souligner la grande diversité d’inspiration, de types d’écritures et plus généralement de références stylistiques, parfois à l’intérieur d’un même motet. Cette diversité témoigne de l’attention de Grénon au paysage musical de son époque, assimilant les styles, les tournures et les techniques les plus contemporaines, les adaptant à ses propres habitudes de composition. Le Regina caeli est, à cet égard, tout à fait étonnant, tant il se rapproche d’un Rameau ou d’un Mondonville, tendant parfois vers le pré-classicisme, et si singulier dans l’œuvre du compositeur que l’on pourrait penser à un phénomène d’emprunt, d’influence, de parodie ou d’arrangement. Il s’agit d’une pratique dont on ne sait pas si elle est courante, à laquelle la musicologie commence à s’intéreser. L’introduction bilingue (français - anglais) du volume enrichit considérablement les connaissances actuelles sur la circulation de la musique au XVIIIe siècle. La description précise des sources musicales et une minutieuse présentation musicale du corpus, en relation avec les usages liturgiques des cathédrales où Louis Grénon a exercé (à Saintes, au Puy-en-Velay et à Clermont-Ferrand), complètent ce volume et donneront aux musiciens tous les éléments pour que ces œuvres retrouvent une place méritée au concert. Tous les motets sont également disponibles en tirés-à-part et en parties séparées pour l’interprétation. Les éditeurs Thomas Leconte est chercheur au Centre de musique baroque de Versailles et responsable éditorial des éditions scientifiques. Jean Duron est chercheur au Centre de musique baroque de Versailles, spécialiste des musiques sous le règne de Louis XIV ; il est le fondateur de la recherche au Centre de musique baroque de Versailles. Georges Escoffier enseigne la musicologie à l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.